Mesure de terre d’un pylône : résistivité du sol et résistance de terre
Une bonne mise à la terre protège l’ouvrage et les personnes en cas de défaut ou de foudre. Deux mesures complémentaires permettent de la qualifier : la résistivité du sol et la résistance de terre du pylône.
Deux mesures, deux questions
- La résistivité du sol : le terrain conduit-il bien le courant ? Elle se mesure avant ou pendant les travaux et oriente la conception des prises de terre.
- La résistance de terre : la prise de terre du pylône est-elle efficace ? Elle se mesure sur l’ouvrage réalisé.
La résistivité par la méthode de Wenner
On plante quatre piquets alignés et également espacés. Un courant est injecté entre les deux piquets extérieurs, et la tension est mesurée entre les deux piquets intérieurs. Le telluromètre donne une résistance R, dont on déduit la résistivité :
ρ = 2 × π × a × R
ρ : résistivité (Ω·m) · a : espacement entre piquets (m) · R : résistance lue (Ω).
En faisant varier l’espacement, on explore le sol à différentes profondeurs. C’est utile quand le terrain est composé de couches différentes.
La résistance de terre par la méthode des 61,8 %
C’est une méthode dite « de chute de potentiel ». On place un piquet d’injection de courant loin de la prise de terre à mesurer, puis un piquet de tension entre les deux. Lorsque ce piquet de tension est placé à 61,8 % de la distance entre la prise de terre et le piquet de courant, la valeur lue correspond, dans les conditions de la méthode, à la résistance de terre recherchée.
En pratique, on fait aussi des mesures de part et d’autre de ce point pour vérifier que la valeur est stable.
Le déroulé sur chantier
- Repérage des supports et des contraintes d’accès.
- Mise en place des piquets et des cordons de mesure par un binôme habilité.
- Mesures, contrôles de cohérence et relevé des conditions du terrain.
- Rapport avec les valeurs mesurées et, si nécessaire, des préconisations.
Et si la valeur n’est pas conforme ?
Le rapport propose des solutions adaptées au terrain : ajout de piquets, ceinturage du pylône ou traitement du sol. Une nouvelle mesure après travaux permet de valider la correction.